L'Institut National de Recherches Agronomique (Inra) a publié un rapport complet sur la douleur animale en 2009. Ce rapport c'est concentré sur le thème de la douleur aux dépends de thèmes plus souvent traités comme le bien-être animal, le stress ou la souffrance. C'est durant les années 1980 que la douleur animale a commencée à être étudiée. Le thème de la douleur chez l'homme a été beaucoup plus traité. La bibliographie compte tout de même 1400 références.
Le rapport explique les différentes formes de douleurs subies par l'animal au cours de sa vie en élevage. Nous retiendrons que l'animal peut ressentir des douleurs durant toutes les phases de sa vie et pas uniquement lors de sa mise à mort. Sur ce dernier point, l'Inra préconise l'étourdissement qui engendre l'inconscience de l'animal qui lui évite de ressentir les douleurs.
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Chez l'homme, la douleur est "une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire, réelle ou potentielle ou décrite en termes évoquant une telle lésion" selon l’Association Internationale pour l’Etude de la Douleur. L'individu doit être conscient pour ressentir la douleur. La douleur engendre des "actes réflexes" et des "comportements de protection".
La douleur, dans une première phase, a une fonction d'alerte. On l'appelle la douleur aigüe. Si la douleur persiste, elle n'a plus de fonction d'alerte : elle devient " préjudiciable et donne naissance à une douleur chronique".
On peut distinguer trois types de douleurs :
Chez l'animal, comme chez l'homme, on reconnaît deux composantes de la douleur :
Il semble qu'un consensus de la communauté scientifique considère que la douleur animale peut être appréhendée comme la douleur humaine, du moins dans le cas des mammifères. Les scientifiques semblent plus partagés pour ce qui concerne les oiseaux et surtout pour les poissons, les amphibiens et les céphalopodes.
L'homme peut procéder à une autoévaluation et la communiquer. L'animal, ne pouvant communiquer, il est nécessaire de passer par une hétéroévaluation (par un humain). Pour cette évaluation, on distingue 4 types de critères :
Il existe des systèmes de détection et d'évaluation de la douleur chez les mammifères (grilles multiparamétriques), notamment pour les chiens et les chevaux, mais rien n'a encore été fait pour les animaux d'élevage.
L'objectif de l'élevage industriel est de réduire les coûts de production, mais d'autres préoccupations commencent à être prises en compte. Les douleurs animales dans ce contextes peuvent est liées à :
Autres points à surveiller :
D'après le rapport de l'INRA, "Suite au sacrifice, la transsection des tissus et des vaisseaux principaux du cou provoque des réponses cérébrales dont on a démontré qu’elles sont dues à la stimulation douloureuse causée par la transsection des tissus, et non pas à la diminution de l’irrigation cérébrale."
Sur la mise à mort, le rapport de l'INRA souligne qu'elle "pose un problème spécifique car il s’agit d’une douleur aiguë qui est potentiellement intense. Dans ces conditions, il s’agira d’évaluer si l’animal est inconscient ce qui conditionne sa capacité à percevoir la douleur. Les critères d’évaluation peuvent être basés sur le comportement et la physiologie des animaux mais aussi sur la qualité des techniques mises en place."
Dans sa conclusion, le rapport de l'INRA préconise l'inconscience de l'animal pendant la mise à mort pour éviter la douleur. Mais bien qu'il préconise l'inconscience de l'animal lors de la mise à mort, la douleur lors de l'abattage ne semble pas avérée : "Les animaux sont donc conscients lors de celle-ci, sans que l’on sache effectivement si cet acte est douloureux ou non." Pourtant, la douleur est bien évoquée lors de "la transsection des tissus". Dans la conclusion il est précisé que des "solutions existent pour limiter ces douleurs. Elles consistent à étourdir les animaux avant la saignée sans les tuer, ou bien à étourdir après la saignée tous les animaux ou seulement ceux qui restent conscients longtemps. Ces procédures ont été mises en place dans certains pays d’Europe et en Nouvelle-Zélande après discussion et approbation par les communautés concernées."
Chez le mouton, la perte de conscience, interviendrait, selon les études basées sur la mesure par électro-encéphalographie (EEG) :
Chez le veau, la perte de conscience interviendrait, selon les études basées sur la mesure par EEG :
Une autre étude permet d'observer des réflexes cornéens jusqu’à 320 secondes
Chez le bovin adulte, la perte de conscience interviendrait, selon les études basées sur la mesure par EEG :
De plus, selon le rapport de l'INRA, des "études sur le terrain montre que, après les abattages halal et shechita, la formation de faux anévrismes est observée chez 17 et 18 % des bovins, respectivement […]. Dans des abattoirs belges, après sacrifice halal, 36% des 124 bovins observés perdaient la posture debout avant 40 secondes mais 8 se sont relevés ensuite […]."
Chez le poulet, la perte de conscience interviendrait, selon les études basées sur la mesure par EEG :
Selon l'INRA, le délai avant inconscience de l'animal "dépend à la fois d’aspects techniques, […] et d’aspects liés à l’animal. […] on observe notamment de très grandes variations pour l’espèce bovine, dont certains individus saignent lentement. […] Pour la volaille, la perte de conscience peut être rapide si les deux carotides sont coupées ; si on ne coupe qu’une carotide et une veine jugulaire l’inconscience s’installe plus tardivement."